mardi, 24 février 2009

Retour de manivelle

Après plusieurs semaines classiques, trop classiques, je commence à me lasser de nos calins. C'est souvent comme cela notre vie sexuelle, creux succédant aux sommets. Je le prends avec philosophie, mais tout de même j'appréhende souvent les calins du moment à cause de leur pauvreté.

Sauf le dernier de ce week-end, un petit décalage, un petit changement, elle couchée sur le lit, sur le côté, et moi debout à côté du lit, la pilonnant avec une vue parfaite sur cette pénétration latérale, son beau sexe nu et doux, le mien coulissant et luisant de son envie. Après avoir joui deux fois, elle se reprend et tend le bras vers mon téton pour augmenter ma jouissance. Je reprends alors lentement les mouvements, pour un orgasme exceptionnellement violent dans cette position. Il provoque dans ce cas, en même temps qu'une décharge électrique forte entre mon gland et mon périnée, comme un coup au sternum me faisant suffoquer et courber l'échine, une, deux secondes au plus, mais d'une force incroyable, court-circuitant mon cerveau. J'ai regretté de ne pas jouir hors de son bas-ventre pour voir la puissance de mon éjaculation.

Je tenais surtout à conter son massage d'hier soir, après le dîner où nous nous racontâmes notre journée. Bien fatigués par la reprise et par un stress majeur pour moi. Je m'affalais dans le fauteuil du salon après la vaisselle, et je compris immédiatement son intention lorsqu'elle alla éteindre les lampes pour créer une obscurité garante d'intimité. Me demandant à quelle sauce j'allais être mangé, je ne tardais pas à être informé.

Elle s'agenouilla entre mes cuisses écartées, fit jaillir mon sexe, lui administra une première bordée de caresses douces, d'autant plus bienvenues qu'elle avait les mains chaudes, ce qui est rare. Je fermais les yeux et laissais courir mon imagination érotisée par ses caresses. Une amie ? une autre ? une masseuse professionnelle ? le choix est vaste. Pause et reprise intense, ses mains glissent maintenant sur l'ensemble de mon phallus en feu. Elle avait pris dans la chambre la capsule de lubrifiant, utilisé avec générosité et expertise. À nouveaux des pauses, comme autant de supplices. Reprises de la masturbation, comme autant de délivrances. J'ai l'impression que mon sexe est entrepris par trois bouches. Elle passe ses paumes sur toute la surface de mon gland. Peu à peu, à l'écoute de ma respiration, elle trouve un rythme, s'y tient, accélérant subrebticement. Luttant aussi contre la fatigue, je vais chercher l'énergie de l'orgasme aux tréfonds de mon organisme, je la trouve, et jambes tendues et tremblantes, corps fébrile, je jouis abondemment dans ses mains. Elle continue de me caresser doucement, comme j'aime tant, les mains lubrifiées par mon sperme qu'elle étale partout. Ce repos dure de longues minutes exquises, une plateau de plaisir sans fin pour un aterrissage jouissif. En me penchant pour l'embrasser, je sens les effluves de mon sperme dans l'air. Elle m'interdit de la toucher ce soir, préférant sa situation de créditrice d'un avoir érotique futur et certain.

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