jeudi, 14 décembre 2006
Essai viagra non concluant
Ma chérie est absente cette semaine.
J'ai acheté un comprimé bleu - c'est bien cher, trois zeuros - pour en observer les effets. Vous direz ''mékilékon ça s'utilise à deux'' et bien non. D'abord je ne suis pas manchot. En plus je préfère tester seul avant de l'utiliser en couple ; si ça se trouve ça va me transformer en monstre phallique insassiable et faire fumer le bas-ventre de ma chérie.
Bref, donc hier soir, à jeun, après une journée crevante, je croque la gélule magique - pour qu'elle agisse plus vite. Puis je me verse un petit gin. Mais je n'y tiens plus, au bout d'une demi-heure, je finis par ... avaler un sandwich tellement j'ai faim.
Au même moment, dans le salon, je sens un début de tension dans le caleçon. Le même effet que lorsque je mate des images pornos : pas de bandaison, mais un moteur électrique qui se met en route au niveau du périnée, sous les testicules. Comme une tension qui s'accroit et s'accumule, curieusement car sans érection directe, et qui fait que l'éjaculation suivante est souvent très puissante, dépassant le mètre de distance. Bref, un truc cérébral.
Donc hier soir, même sensation d'accumulation électrique. Puis chaleur dans le pénis. Puis érection. Mais bizarre : mécanique sans stimulation psychique. J'ai sorti et regardé mon pénis comme un objet étranger à mon corps. Ses veines ressortaient plus que lors d'érections normales. Mais la turgescence du gland ne m'a pas convaincu. Ce doit être parce que les molécules n'agissent que sur l'un des deux corps composant l'organe pénien (?).
Bref, j'ai fini par me faire un lavage manuel. Sans conviction. Sans trop de sensations. La tête y était pas. Orgasme moyen. Éjaculation très moyenne. Bof.
Conclusion : vraiment inutile pour une personne saine de corps et d'esprit ; l'effet mécanique est cependant bien là : c'est ce côté mécanique qui est impressionnant : une gélule = érection ! Peu importe le psychisme, l'excitation mentale, l'érection sera là. Recommandé aux gigolos, primo-copulateurs et autres impuissants provisoires et relationnels, amoureux transis et angoissés, enfin et surtout aux personnes âgées et/où souffrant de disfonctions érectiles mécaniques et non pas psychiques.
Peut-être me direz vous qu'en bonne compagnie c'est utile, car ça booste les performances sexuelles. Pour s'amuser. Admettons. Ou après une soirée alcoolisée et psychotropée, bref, génératrice d'impuissance fonctionnelle. En outre il faut que la partenaire soit également disposée. Le mythe de la fille cherchant un mec qui bande pendant des heures est largement surfait. Qui est capable de supporter une pénétration vaginale active pendant plus de 40 minutes sans bailler, ni se déssecher, etc... ? Pas encore rencontré la fille. En général si ça dure, c'est en pauses et cycles courts, en vagues plus ou moins hautes.
Je m'interroge sur l'intérêt d'indiquer le viagra aux ados démarrant leur vie sexuelle, angoissés d'un premier rapport, de manière à leur donner confiance. Les premières fois - avec leurs échecs, leurs inquiétudes, etc...- imposent une progression, une lente initiation, un apprentissage sexuel et relationnel. Là on entre tout de suite dans la performance, et on accroit cette idée de la performance en indiquant viagra aux jeunes. C'est cette idée qui est anxiogène justement, non ?
13:20 Publié dans Solitaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : essai viagra, masturbation, couple, érection, impuissance

