mardi, 12 mai 2009

Les ratés du latex

Cette semaine de séminaire loin de mon foyer devait être l'occasion de tester les nouveaux territoires ouverts par notre dernière négociation : excursions sexuelles hétéroconjugales permises, mais hors amis communs, hors maison, hors connaissance de l'autre. Malgré mon achat de préservatifs en prévision, ce fut l'échec.

Totalement ouvert à l'idée, je n'ai pu aller assez loin avec chacune des nombreuses partenaires féminines offertes pendant cette courte semaine passée en commun dans cet hôtel. Peut-être ai-je trop mis en avant mon statut d'homme marié ? J'ai en tout cas eu l'impression que mes jeunes collègues me renvoyaient sans cesse ce statut à la figure : l'homme cotoyable, respectable, aimable, mais sexuellement indisponible.

Le désir ni les rapprochements intimes, du moins psychologiquement, n'ont pourtant pas manqué. Mais de sexe que nenni, sinon la demande ressentie de relations intimes, d'engagements psychiques forts, de moyen ou long terme ; j'ai aussi ressenti la détresse de femmes seules,  détresse qu'une étreinte ne saurait combler. Pas de femmes mariées, engagées, heureuses et épanouies dans leur couple, socialement, dans leur corps, leur sexe, tout en étant aventureuses et ouvertes sur les routes du libertinage : tel est mon idéal, peut-être trop idéal ? J'ai l'impression d'être le gendre parfait, mais le coup imparfait, à la recherche de la femme introuvable. Non ?

dimanche, 15 mars 2009

Libéré ou libertin

On peut être libertin sans être libéré, c'est la conviction provisoire émergeant de lentes ruminations.

Il n'est plus à démontrer que le libertinage en couple conserve les liens du couple, maintient le contrôle sur les organes sexuels du partenaire à travers un jeu subtil d'autorisations, d'interdits et d'obligations de présence, sans omettre l'ensemble des règles qui norment l'univers libertin, et je pense ici aux clubs échangistes ainsi qu'au sexe pluriel placés sous l'empire du couple et du contrôle mutuel. Bien sûr nous avons formulé ces projets de triolisme qui attendent la moindre occasion pour se réaliser, ainsi que ces visites de clubs selects.

Mais il existe un autre univers. Nous avons avec ma chérie conclut il y a quelques mois un autre type de pacte, dit ''libre'': tu fais ce que tu veux de ton corps et de ton sexe, mais hors amis communs ni à la maison et je ne veux rien savoir. Ce qui compte est que tu sois là, présent, quand j'en ai besoin, à 100%. Q'importe où est ton sexe quand nous sommes séparés ? La logique est imparable.

Vous me direz qu'il faut dans ce cas bien maitriser ses attachements psychiques, être équilibré en tant qu'individu et dans son couple, de manière à bien distinguer les rencontres passagères du monopole psychique et relationnel de couple. Rien n'est moins sûr. Je me sens trop normé par l'idéal monogame, trop occupé par mon couple et par elle pour oser partir à l'aventure, j'ai l'impression que cela me demanderait une telle énergie qu'elle et mon couple en souffriraient. Pourtant, quelle liberté et quelle libération de savoir que tout est permis, que je ne suis pas enfermé sexuellement dans notre corps à corps ! Impossible de passer à l'acte, d'exercer cette liberté que j'ai. Quel paradoxe.