mercredi, 20 mai 2009
Les fluides sexuels ne sont pas sales
Même enchainement hier soir mais j'ai joui dans ses mains après. Pour une fois elle a d'abord joui par pénétration avant de jouir par ma langue. Le cunilingus post-orgasme est alors d'une administration très délicate.
En ce moment elle a peur des cystites et m'empêche d'étaler sa cyprine sur sa vulve, alors que j'adore tartiner nos fluides et jouer avec. Cela me frustre énormément.
Peut-être en réaction à une éducation stricte, je vais assez loin dans les jeux de fluides sexuels, je suis très demandeur, j'investis ce domaine d'une lutte contre les dogmes. J'y place des affects aussi, ceux d'une acceptation totale de l'autre.
C'est pour cela que les cris d'orfraie m'horripilent dès qu'il est question de sperme, de salive, de cyprine, de sang. Le soit-disant problème (sinon drame) du sperme qui ressort du vagin est à cet égard le summum de l'anti-sexualité, du tue-l'amour, du refus d'accepter notre incarnation dans toute sa crudité. J'hallucine de devoir parfois arguer que ces fluides ne sont pas des excréments (et alors d'ailleurs ? il y a bien des adultes consentants adeptes de la scatophilie : pas mon truc mais je ne juge pas).
Bref, des lignes entières de forums tournent autour des stratégies qu'il faudrait mettre en place pour éviter que le sperme ne coule car madame (le plus souvent) trouve cela dégoutant sur elle et sur les draps ! Ha le grand drame du linge souillé ! Comme s'il n'était pas voué à s'imbiber de nos fluides, odeurs, sueurs. Alors chacun y va de ses conseils et astuces, le sopalin à côté, la serviette entre les jambes (alors que la bouche du monsieur ferait mieux encore le ménage), la course aux toilettes, bref tout un ensemble de techniques qui occultent le résultat du plaisir. Le pire est que souvent les hommes participent de cette course hygiéniste et sont dégoutés par leur sperme, vite désinfectons nous, stérilisons, purifions cette souillure ! Que penser encore de la honte des femmes fontaines ?! Non vraiment je ne suis pas de ce monde contradictoire qui enseigne le dégout de soi tout en imposant la jouissance de soi.
17:25 Publié dans théorie | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gouts, dégouts, fluides sexuels et corporels, plaisir
jeudi, 19 mars 2009
Grandes étapes de la domination sexuelle
Stade 0, première partie de la Guerre du feu : je t'assomme et me masturbe avec tes orifices.
Stade 0.1, fin de la Guerre du feu : je me masturbe dans tes orifices en t'arrachant un gémissement tenant lieu de consentement.
Stade 1 : Ton consentement est total, je me fiche de tes sensations, tu te fiches de tes sensations.
Stade 1.1 : La psychanalyse invente l'hystérie, le désir féminin nait socialement, tu commences à réclamer mais c'est mal.
Stade 2. Ton désir et ton plaisir sont légitimes mais seulement procurés par la performance du mâle : « Alors, heureuse ? ». Tu restes un objet qui doit séduire par son apparence et qui gagne le droit de refuser.
Stade 3. Tu as le droit de te masturber, de connaître ton corps, ta sexualité se génitalise. Tu choisis tes partenaires d'une manière proactive. Tu demandes aussi : « alors, heureux ? ».
Stade 4. Parfois tu es aussi conne qu'eux jadis, tu les instrumentalises, les jettes comme des mouchoirs. Moi je m'ouvre sexuellement, apprends l'érotisme, les degrés sans fin du plaisir masculin et de l'orgasme. Ma prostate s'enflamme, mes tétons aussi, je crie de plaisir, m'évanouis parfois.
Stade 5. Qui sait ?
19:08 Publié dans théorie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : domination masculine, domination sexuelle, désir féminin, plaisir féminin, masturbation
mercredi, 18 mars 2009
Dialectiques des possessions
Vendre ou donner son corps, son coeur, son temps.
Ces expressions m'interpellent.
Tout d'abord cette idée du don, conférant une posture avantageuse à l'émetteur : sur le plan moral car sa générosité est valorisée ; sur le plan du pouvoir car il oblige le récepteur tant il est souvent plus facile de donner que de recevoir. Cette rhétorique du don occulte la réciprocité.
Je te donne mon temps, comme s'il n'y avait pas échange, comme si les termes de cette relation étaient inégaux, comme si toi-même ne donnait pas ton temps dans le même moment que je te donne le mien, comme s'il n'y avait pas, tout simplement, une réciprocité absolue et logique de don/contre-don, émission-réception, lors d'un rendez-vous par exemple.
Si tu me donnes ton corps, je perçois à nouveau l'absence de réciprocité dans cet énoncé, qui m'oblige et me transforme en preneur de ton corps. Surtout, cela transforme ton corps en monnaie, occultant ta capacité et ta volonté d'en jouir activement. Rhétorique d'un autre espace-temps, celui de la femme soumise et pure. Vision douloureuse d'une pureté frigide où le plaisir féminin n'est pas, où le corps féminin n'est qu'un objet prêté à l'homme, parfois pris de force. Dans cette tragique passivité, l'homme galant est obligé et doit remercier la généreuse pour un prêt dont elle n'est sensée avoir tiré aucun plaisir. Stade raffiné d'une domination masculine que la femme prend partiellement en charge en consolidant cette asymétrie du plaisir. Neud central du film ''la saison des hommes'' et point nodal de l'égalité des genres : l'interdit du désir et du plaisir féminins, opposés aux ''besoins naturels'' d'un homme que la femme devrait combler.
La vente monétise. Stade avancé de la réification. Mais garantie de relation écourtée, car le paiement monétaire canalise et met fin à l'obligation, et donc au lien. Étrange est cette occultation du sujet principal, le sexe, dans l'expression ''vendre son corps'', socialement péjorative. Comme si mettre à disposition d'un employeur son temps, son énergie, son cerveau, son corps, contre paiement, pendant la majeure partie de sa vie, n'était pas vendre son corps. Encore certaines entreprises, au moyen du téléphone portable, d'internet, de l'ordinateur portable, des week-ends d'intégration, des invitations insistantes à la famille, des open-spaces, demandent-elles une disponibilité intime de soi, exigeant de celui qui vend son corps à faire corps, contre rémunération, avec l'institution.
On peut donc vendre tout son corps, son temps, son énergie, sa créativité, son éthique à celui qui paie. Mais on ne peut pas ''vendre son corps'', c'est à dire son sexe. L'organe sexuel serait alors plus intime, important, sacré, tabou, que le cerveau et le reste du corps. L'histoire, en tant que science, et l'anthropologie surtout, sont alors nécessaires pour expliquer ces croyances, qui, par définitions, défient toute logique rationnelle.Merci à Marcella Iacub dont je ne partage pas toutes les conclusions, mais bon nombre de questions.
18:04 Publié dans théorie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : égalité, domination, domination masculine, capitalisme, salariat, prostitution, désir féminin, plaisir féminin
vendredi, 23 novembre 2007
discussions acharnée sur la domination
J'ai un copain homo avec qui on discute des heures de sexe et de sexualité. Je n'aime pas trop ses catégories ''homo'', ''hétéro'', ''bi'', ou plutôt la manière assez rigide avec laquelle il les manipule et assène aux gens, cherchant toujours à les classer. Dans le même ordre d'idée, ''passif'' et ''actif'' sont peut-être des qualificatifs utilisés pour décrire des pratiques, mais c'est comme la fameuse domination : qui peut dire qui domine qui dans une relation ? c'est archi-difficile à dire, tant les relations sont justement interactives et complexes. Jusqu'aux positions sexuelles par exemple : une femme à genoux, un phallus dans la bouche, est-elle dominée ou bien domine-t-elle ? pense-t-elle elle-même être dominée ? l'homme pense-t-il dominer ? est-ce qu'ils vont toujours penser la même chose de cette même pratique. Idem pour une pénétration lorsque l'homme est dessus : la femme peut très bien contrôler, bouger, ne pas bouger, avoir l'impression qu'elle est dominée ou bien qu'elle domine, etc... Bref, on a ici tous les éléments d'une aporie, c'est-à-dire d'une impasse intellectuelle. Ce qui n'empêche pas les fantasmes, les jeux sexuels et les jeux de rôles.
La seule chose non équivoque et qui me révulse est justement la bordée d'insultes que profèrent les acteurs pornos en pénétrant les orifices de leur partenaire. J'admet aussi que cela peut exciter certains et certaines dans le cadre d'un jeu sexuel qui ne reflète pas leur vie de couple. Mais bon, mon éducation policée et féministe est encore trop présente pour que ça ne me choque pas.
09:15 Publié dans théorie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : domination, pénétration, passif, actif, homo, bi, hétéro

